Un activateur d'égalité réelle

CHARTE - VOLET DES PROFESSIONNEL·LE·S

CHARTE – VOLET DES PROFESSIONNEL·LE·S

Préambule

L'égalité de droit entre les femmes et les hommes peine à se transformer en égalité dans les faits. De nombreuses inégalités persistent et l'égalité réelle ne sera atteinte que par la mobilisation de tous et le partage à grande échelle des expérimentations réussies.

Pour cela, la Ligue de l'enseignement de Tarn-et-Garonne, en partenariat avec la délégation aux droits des femmes et à l'égalité ainsi que la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), lance une plateforme numérique gratuite « Égalité femmes-hommes et citoyenneté en actions ». Cet outil est d'envergure nationale ancré dans la région Occitanie, avec pour projet une dimension européenne à l'horizon 2019.
Cette plateforme met à disposition une infrastructure numérique dédiée au développement et à la pratique concrète de l’égalité entre les femmes et les hommes par :
– la valorisation et la mutualisation des initiatives professionnelles préalablement évaluées
– la mise en ligne des avis et des recommandations issus de l'expression citoyenne.
Chacun de ses deux volets est sécurisé par une charte spécifique précisant l'éthique de la démarche.

Objet de la charte des professionnel·le·s :
définir les principes éthiques de fonctionnement de cette plateforme numérique ;
encadrer les conditions de son utilisation ;
formaliser les engagements des utilisateur·trice·s et ceux des gestionnaires de cette plateforme.

Article 1 : objectifs et valeur ajoutée de la plateforme Égalité femmes-hommes et citoyenneté en actions – Volet initiatives des professionel·le·s

Objectifs principaux
■ rendre visible et valoriser les initiatives qui sont porteuses d'égalité entre les femmes et les hommes ;
■ permettre l'essaimage des bonnes pratiques entre professionnel·le·s ;
■ faciliter l'opérationnalité des actions reproduites ;
■ développer un réseau de professionnel·le·s à compétences renforcées.

Valeur ajoutée
la plateforme constitue une interface pour :
rendre accessible des projets réalisés, évalués et transférables par la mise en relation des structures porteuses de l'action et celles qui souhaitent la développer ;
permettre une coopération entre professionnel·le·s (échanges de savoirs méthodologiques…) ;
optimiser les ressources publiques et améliorer la réponse apportée aux publics cibles ;
transformer les mentalités à grande échelle.

Article 2 : Fonctionnement de la plateforme numérique
Conditions d'accès :
La plateforme «Égalité femmes-hommes et citoyenneté en actions» est accessible à tou·te·s.
L'approbation de la présente charte est un préalable à l'accès à toute information

Professionnel·le·s porteur·se·s de l'initiative
La plateforme permet à l’ensemble des professionnel·le·s, acteur·trice·s de terrain ou en responsabilité de déposer leurs initiatives : associations, établissements publics, services de l’Etat, collectivités territoriales, entreprises, partenaires sociaux, chambres consulaires, acteur·trice·s économiques… Toutefois ne seront pas acceptés les porteur·se·s d'initiatives qui ont pour profession habituelle et exclusive la fourniture de prestations rémunérées.

Recueil et diffusion des initiatives constitutives de bonnes pratiques en matière d'égalité
■ Une fiche de présentation des initiatives est mise à disposition en ligne. Elle précise les coordonnées de la structure porteuse, la nature et la description de l'initiative, les résultats obtenus.
■ Pour être mise en ligne et accessible à la consultation, l'initiative reçoit l'aval du comité de validation* qui vérifie les informations au regard des principes suivants :
– L'initiative doit être constitutive de bonnes pratiques (« la bonne pratique semble être une façon de faire qui donnerait des résultats probants et qui dans sa mise en œuvre peut révéler une innovation par rapport à ce qui se faisait jusque-là.» A. Abdoulaye).
– Elle doit produire des effets en matière d'égalité entre les femmes et les hommes.
– La fiche doit permettre l'identification de la structure porteuse de l'initiative et son adhésion à toute perspective de reproduction et/ou de mutualisation.
– L'initiative est évaluée selon les indicateurs (d'impact et de processus) du référentiel adopté par le comité de validation et mis en ligne sur la plateforme (voir ci-dessous).
■ Toute personne désireuse de reproduire une action de même nature prend directement contact avec la structure porteuse du projet dont les coordonnées sont précisées.

Article 3 : engagements des utilisateur·trice·s de la plateforme
La consultation est libre de droit mais s'exerce dans le respect des travaux développés par les structures porteuses d'initiatives. Les termes de la charte seront obligatoirement acceptés par toute personne souhaitant partager une initiative ou s'inscrire dans une dynamique de reproduction.
■ Les contributeurs-trices s'engagent :
– à restituer une description fidèle de l'initiative engagée sans en maximiser les résultats ni omettre les préalables ou les difficultés rencontrées ;
– à produire au comité de validation tout document qui s'avèrerait nécessaire pour conforter l'évaluation de l'action concernée ;
– à être disponible pour répondre, renseigner, accompagner le cas échéant les professionnel·le·s souhaitant s'inspirer de l'initiative ;
– adhérer sans restriction au principe de mutualisation des initiatives proposées.
■ Les utilisateur·rice·s de l'information s'engagent :
– à respecter le travail engagé par les contributeur·trice·s : la reproduction des actions doit se faire dans le cadre précisé par le porteur initial et si cela est requis, en partenariat pour le transfert de méthodologie ;
– à s'interdire d'utiliser les informations collectées à des fins commerciales ou à les détourner à toutes autres fins ;
– à partager en ligne, par esprit de réciprocité, l'expérience qu'ils auront pu conduire par mutualisation.

Les personnes contributrices et utilisatrices de la plateforme se reconnaissent dans les Valeurs de la République et le respect du principe de laïcité. Le non-respect de ces valeurs conduirait le comité de validation à rejeter toute demande de mise en ligne.

Article 4 : évaluation
Les utilisateur·trice·s de la plateforme adhèrent à une démarche d'amélioration de son fonctionnement. Le recueil de leur avis pourra être sollicité par tout moyen développé par la plateforme à cet effet.

* Le comité de validation est composé de représentants de La Ligue de l'enseignement, dont la coordonnatrice de la plateforme, de la déléguée départementale aux droits des femmes et à l'égalité, de personnes qualifiées et associations spécialisées.


GUIDE D'ÉVALUATION

INITIATIVES DES PROFESSIONNEL·LE·S

Hypothèses de départ
– Évaluer l'efficacité de l'initiative (son impact)
– Évaluer la transférabilité de l'initiative

Méthode
Les critères d'évaluation reposent sur des indicateurs de deux types
– IMPACT : valeur ajoutée du projet par rapport à d'autres actions similaires déjà connues
– PROCESSUS : opérationnalité de l'initiative
Un projet n'a pas nécessairement à répondre à l'ensemble des indicateurs proposés ci-dessous, sauf celui visant un changement dans les pratiques, qui est incontournable.

CE QUI EST ÉVALUÉ / INDICATEURS
(outils d'évaluation utilisés, chiffres, changements notoires, partenariats, empreinte médiatique…)
LA RECEVABILITÉ DE L'INITIATIVE :
– Thème
– Objectifs de l'initiative
– Modalités d'action (cibles, nombre, territoire, partenariats) / Éthique
L'EFFICACITÉ DE L'INITIATIVE, SON IMPACT (ce que cela a produit sur le public ciblé) :
– Produire du changement dans les pratiques, les comportements et les statuts des publics ;
– Renforcer les liens de confiance entre la population et les professionnel·le·s associatifs, collectivités territoriales, acteur·trice·s économiques et institutionnels (police, justice, Éducation nationale…) ;
– Prévenir et éviter la récidive ;
– Améliorer le quotidien des personnes dans les domaines identifiés ;
– Cette initiative a-t-elle contribué à faire baisser les inégalités ? les violences ?
L'OPÉRATIONNALITÉ DE L'INITIATIVE, PROCESSUS (comment les organisateurs ont-ils procédé pour que ça marche ?) :
– Produire de la connaissance entre professionnel·le·s (se perfectionner, partager une culture commune) ;
– Produire du changement dans les pratiques des professionnel·le·s (améliorer l'offre et la qualité du service, proposer des procédés adaptés aux publics, qui peuvent être innovants) ;
– Donner du sens : développer une stratégie territoriale partagée et évaluable ;
– Mesurer les coûts évités ;
– Mieux communiquer auprès des publics cibles.
APPRÉCIATION GLOBALE :
– Le projet est-il facilement transférable ?