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03/11/26 | étude, recherche, violences sexistes et sexuelles
Publiée le 2 novembre 2026, l’enquête Vavisa mesure pour la première fois en France les violences sexuelles déclarées directement par des jeunes de 15 à 21 ans. Elle montre que ces violences touchent une large part de cette génération ; mais également qu'elles ne touchent pas les filles et les garçons de la même manière.
Une enquête inédite, menée directement auprès des jeunes
Plus de 2 500 jeunes ont répondu, entre mars et juin 2026, à un questionnaire en ligne anonyme. L'enquête a été menée par l'association Contre les Violences sur Mineurs (CVM), en collaboration avec Sorbonne Université, l'Inserm et l'AP-HP. Jusqu'ici, ces violences étaient surtout connues à partir de souvenirs d'adultes ou de situations parvenues aux institutions.
Le questionnaire n'emploie pas les mots « violence » ou « agression ». Il décrit des situations concrètes, car une personne peut avoir subi des violences sans les avoir nommées ainsi. Les résultats présentés ici portent sur les 18-21 ans, seul volet représentatif de l'enquête. Nés entre 2005 et 2008, ils et elles appartiennent à la génération Z.
Des violences fréquentes, plus souvent subies par les filles
63 % des 18-21 ans déclarent avoir subi au moins un acte de violence sexuelle au cours de leur vie, en ligne ou hors ligne. 22 % décrivent des faits qui relèvent du viol. Derrière ces moyennes, l'écart entre les sexes est net : 77 % des jeunes femmes sont concernées, contre 50 % des jeunes hommes.
Ces violences ne passent pas toujours par la force visible. 37 % des 18-21 ans disent avoir déjà subi un acte sexuel sans en avoir envie. Parmi eux, 71 % expliquent avoir accepté pour faire plaisir à l'autre. 35 % disent ne pas avoir pu bouger, et 22 % avoir été menacé.es, violenté.es ou maintenu.es par la force. Ces violences se répètent souvent, et elles sont le plus souvent commises par une personne connue.
Elles commencent parfois très tôt. Parmi les jeunes victimes, 9 % désignent un membre de leur famille comme auteur du premier acte. Dans ces situations, les faits sont survenus en moyenne vers 9 ans.
En ligne, un écart du simple au double
Le rapport le souligne : le numérique fait désormais pleinement partie des lieux où s'exercent les violences sexuelles. Et c'est là que l'écart entre filles et garçons est le plus marqué.
62 % des jeunes femmes ont déjà reçu des contenus à caractère sexuel non souhaités, contre 30 % des jeunes hommes. Elles sont aussi deux fois plus nombreuses à avoir subi la diffusion d’images intimes sans leur accord : 8 % contre 4 %. La sextorsion, soit le chantage à partir de contenus intimes, touche en revanche les deux sexes de façon proche : 18 % des jeunes femmes et 17 % des jeunes hommes.
L'exposition à la pornographie fait elle aussi partie de ce continuum. Elle intervient vers 13 ans en moyenne, et souvent sans avoir été recherchée. 61 % des jeunes femmes et 52 % des jeunes hommes exposé.es déclarent avoir subi leur première exposition.
Parler, un geste qui n'est pas le même pour tous
L'enquête apporte un élément encourageant. 71 % des jeunes victimes disent avoir déjà parlé des violences subies, le plus souvent à un.e ami.e. L'écart entre les sexes se retrouve pourtant ici aussi : 78 % des jeunes femmes victimes se sont confiées, contre 54 % des jeunes hommes.
Pour beaucoup de garçons victimes, la parole reste plus difficile. Un écart qui rappelle que les normes de genre pèsent également sur eux, en rendant plus difficile l’expression d’une vulnérabilité.
Quel que soit le sexe, les confidences restent souvent dans le cercle proche. Elles parviennent moins aux professionnel.les, aux numéros d'écoute et aux dispositifs d'aide. Le rapport s'interroge donc sur l'accompagnement réel dont bénéficient ces jeunes après avoir parlé.
Des conséquences durables sur la santé
Ces violences ont des effets sur la santé. Parmi les 18-21 ans qui déclarent au moins une violence sexuelle, 18 % jugent leur état de santé mauvais ou très mauvais, contre 7 % de ceux qui n'en déclarent aucune. Chez les jeunes victimes, les filles sont plus nombreuses à faire ce constat : 20 %, contre 14 % des garçons.
Prévenir, un enjeu d'égalité
Pour prévenir ces violences, les autrices du rapport appellent à construire des repères communs autour du consentement, de l'intimité, des limites et des rapports de pouvoir. Elles invitent à accompagner les familles, à relier ce qui se vit en ligne et hors ligne, à former les professionnel.les à l'accueil de la parole et à faire des jeunes des acteurs et actrices de la prévention, notamment pour savoir réagir quand un.e ami.e se confie.
Ces repères sont au cœur de l'éducation à l'égalité entre les filles et les garçons. Les écarts mesurés par Vavisa montrent que lutter contre les violences sexuelles et avancer vers l'égalité vont de pair. Et que cela commence dès l'adolescence.
Besoin d'aide ou d'écoute : 119 (enfance en danger), 3018 (cyberviolences), 3919 (violences faites aux femmes), 3114 (prévention du suicide). Appels gratuits.